J'ai été élevée dans une famille qui n'a jamais accepté mon handicap. J'ai vu ma mère pleurer, mon père me prendre en pitié, ma soeur me dire que jamais elle n'aurait voulu venir au monde comme moi. À trois ans, les jambes dans le plâtre, c'est moi qui consolais ma mère que je voyais pleurer sur mon sort. " Pleure pas maman, ça fait pas mal ", que je lui disais. Quant à mon père, il m'a déjà dit qu'il avait filmé ma naissance et qu'il avait jeté la cassette " en voyant ça " (" ça ", c'était moi qui venait au monde avec mes petits membres un peu tout croches). Il m'a aussi dit que ça lui avait pris six mois à se remettre de ma naissance. Un autre coup au coeur... Pour expliquer mon handicap (mot que personne n'a jamais prononcé ouvertement dans ma famille), ma mère a toujours cherché un coupable (les médecins, les vaccins, les rayons X). Et moi, l'enfant atteinte, LA PRINCIPALE CONCERNÉE, je me demandais tout simplement " Pourquoi ne pas m'accepter telle que je suis, POINT FINAL " et, surtout, je voulais leur dire " ARRÊTEZ DE PLEURER SUR MON SORT ". En fait, entre vous et moi, au risque d'être dure envers les parents qui s'en font vraiment pour leur enfant, j'ai longtemps cru que les miens pleuraient sur LEUR sort... Aujourd'hui, quand je vois tous ces téléthons (spectacles télévisés pour recueillir des dons) où les parents sont en pleures À CÔTÉ de leurs enfants handicapés, je me dis qu'ils ne sont vraiment pas conscients qu'ils sont en train de les blesser à vie. Quand ta maman pleure à côté de toi, qu'elle implore la recherche médicale, qu'elle cherche des coupables, elle te dit, par la même occasion, qu'elle N'ACCEPTE PAS TA CONDITION, qu'elle ne t'accepte pas TELLE QUE TU ES. Je vous le jure, parents, c'est comme ça que l'enfant le reçoit. Quand tu vois ta maman pleurer sur ton sort, tu ne peux faire autrement que de te sentir coupable et te dire que tu lui as gâché une partie de son existence. Quand tu sens la pitié dans le regard de ton père, tu te dis que jamais tu ne pourras avoir la valeur d'un être humain " normal ". Et bien plus que le handicap lui-même, c'est ta propre existence que tu as de la difficulté à accepter, pour toutes les blessures que tu as causées à ceux qui te sont le plus chers. L'enfant handicapé ne connaît pas autre chose que sa condition. Il ne veut qu'être aimé tel qu'il est. Ses parents peuvent soit l'aider à se débrouiller dans la vie, soit lui faire sentir toute sa vie qu'il aurait pu être autrement... Parents, essayez d'accepter, tout simplement. Accepter qu'on ne peut tout contrôler et, surtout, accepter que la vie n'est pas nécessairement faite pour être vécue d'une seule façon par tout le monde : dans un corps " normal ". Je souhaite d'ailleurs qu'il y ait toujours des personnes handicapées pour que la société ait sans cesse à être confrontée à la différence et, partant, à la tolérance. Ce n'est qu'ainsi que la société pourra devenir meilleure, et que les enfants handicapés pourront vivre sans le fardeau de la culpabilité.
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Caroline a souhaité ici nous raconter son histoire, pour nous aider, nous, parents, à ne pas commettre de terribles erreurs. Il s'agit de son histoire et de ses propres mots. Nos histoires sont toutes différentes, et elles s'enrichissent certainement quand on les partage...
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Alexis, né en 1997 (24)
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